Oui l’extrême-droite est criminelle. Elle tue !

Samedi 15 septembre, le collectif Fermons l’Arcadia était à l’initiative d’un rassemblement Place Kléber en mémoire de Clément Méric, militant antifasciste et syndicaliste étudiant, tué le 5 juin 2013 par des fascistes du groupuscule néonazi « Troisième Voie ». La veille, deux de ses assassins, Esteban Morillo et Samuel Dufour, étaient condamnés respectivement à 11 ans et 7 ans de réclusion criminelle à l’issue du procès qui se tenait aux assises. Un troisième était acquitté.

via http://www.pourclement.org/

Depuis bientôt 5 ans, une campagne mensongère et haineuse était menée par l’extrême-droite, relayée par des médias comme BFM TV, France 2 ou RTL, par des relais policiers, et par le nazi Serge Ayoub en personne, pour renvoyer dos-à-dos fascistes et antifascistes et faire passer un assassinat politique pour une « bagarre » qui aurait « mal tourné ».

La condamnation de Morillo et Dufour vient heureusement marquer un coup d’arrêt à des années d’une campagne de haine contre la mémoire de Clément.

Le verdict rendu le 14 septembre permet de rétablir la vérité des faits et de reconnaître que Clément a été tué parce qu’il a refusé de baisser les yeux face à une bande de brutes et d’assassins qui l’ont frappé à coups de poings américains, en pleine rue, en plein jour. Il a été tué parce qu’il était un militant antifasciste.

Cependant, comment oublier ou pardonner l’acquittement d’Alexandre Eyraud, de Lydia DaFonseca ou encore la non-mise en cause du véritable chef, celui qui a coordonné l’attaque et donné les ordres, le nazi et indicateur de police Serge Ayoub, jamais mis en examen malgré les multiples meurtres et violences commis par son organisation ?

Comment oublier que durant toutes ces années la théorie de la responsabilité partagée entre nazis et antifascistes a été la version massivement relayée ? Comment se sentir soulagé.es par une condamnation judiciaire quand l’intégralité du procès a mis en évidence l’absence de réaction collective, au sein de la vente privée où des policiers étaient présents ou des badauds dans la rue où Clément a été tué, face à un groupe de nazis assumés qui s’affichent en toute confiance au point d’arborer des t-shirts aux slogans racistes (bien évidemment illégaux), de mimer des saluts hitlériens avec des mannequins en criant « heil heil ! » ou d’enfiler leurs poings américains devant témoins.

Quel genre de contexte politique sommes-nous en train de vivre pour que des nazis puissent ainsi prendre confiance dans l’espace public, allant jusqu’à l’agression mortelle de jeunes antifascistes ?

Nous ne pouvons pas oublier cette violence. Clément est mort pour ses idées antifascistes. Lui être fidèle c’est continuer son combat dans un contexte où plus que jamais, l’extrême-droite représente un danger pour les personnes migrant.es, les musulman.es, les militant.es antiracistes et antifascistes etc.

Aujourd’hui, le contexte politique nous impose

de tout faire pour les empêcher de s’organiser, d’occuper les rues, les quartiers, les frontières, les urnes. Face au danger que représente l’existence de fascistes organisés et déterminés à imposer un projet politique raciste et nationaliste, nous militerons sans cesse pour faire reconnaître que le fascisme n’est pas un courant politique comme un autre.

5 ans après, Clément toujours présent. Strasbourg 15/09/2018

En Grèce où se déroule actuellement, sous la pression de manifestations de masse, le procès de l’organisation néo-nazie « Aube Dorée » ; en Allemagne où d’immenses manifestations unitaires s’opposent aux manifestations racistes de l’AfD et aux pogroms antimigrant.es ; et jusqu’aux Etats-unis où des dizaines de milliers d’antiracistes et d’antifascistes submergent régulièrement en nombre les suprémacistes blancs galvanisés par Trump, se mènent actuellement des affrontements dont l’issue nous concerne toutes et tous.

À Strasbourg, Bastion social ne fait pas que prôner des idées de violence et d’exclusion, il les met en pratique de la pire des façons. Depuis le lancement récent de ce groupe, les agressions fascistes ont malheureusement explosé partout où leurs locaux se sont implantés. Ses militants organisent régulièrement des ratonnades en pleine rue, s’attaquent aux militant.es antifascistes, appellent à la haine et au meurtre sur les réseaux sociaux. Ses dirigeants et ses militants sont régulièrement condamnés par la justice pour des faits de violence raciste comme Thomas Beauffet, chef strasbourgeois du BS.

Dans ce contexte, l’annonce par le Bastion Social Strasbourg de l’organisation d’une « soirée de soutien » aux assassins de Clément Méric n’est qu’une preuve supplémentaire du caractère criminel cette organisation qui accueille l’idéologue du terrorisme d’extrême droite Gabriele Adinolfi, invitait encore le 2 juin dernier les néo-nazis d’Aube Dorée et apporte publiquement et financièrement son soutien à des meurtriers reconnus.

Ses militants rêveraient l’impunité pour tous les meurtres racistes, homophobes, sexistes et politiques que leur projet politique promeut et nécessite.

Aujourd’hui plus que jamais, ne cédons rien aux fascistes !

Combattons partout le racisme, le nationalisme, la haine, les dérives autoritaires et les idées réactionnaires !

 

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